Un voyage de raison, de foi et de vérité

Un chemin d'investigation de A à Z

Une feuille de route logique, étape par étape, pour aborder les enseignements islamiques avec rationalité, clarté et sens.

L'Origine

L'unicité divine dans le Coran et dans la sunna du Messager (PSSL) et de sa famille (AS)

En bref

Le Coran s'est adressé à la raison, aux sens et à la disposition innée pour établir l'unicité divine, et Ahl al-Bayt (AS) ont formulé une position médiane entre l'assimilation et la privation des attributs.

Introduction

Après que la raison a tracé le cadre de transcendance des attributs de , nous passons maintenant à l’espace de , pour voir comment ces vérités rationnelles se sont manifestées dans le noble , et comment le noble Messager et les ont détaillées. La connaissance transmise à leur sujet n’abolit pas la raison : elle la prend par la main pour la libérer de la sécheresse des termes philosophiques, l’élevant vers les horizons de la connaissance véritable.


1. Comment le noble Coran et Ahl al-Bayt (AS) ont-ils abordé l’unicité divine ?

Le noble Coran n’a pas présenté la question de comme des équations arides ; il s’est distingué par un style inimitable et singulier, en harmonie avec la « théorie de la connaissance » et ses divers instruments chez l’être humain. Les gens ne sont pas tous au même degré de conscience et d’analyse ; c’est pourquoi le discours coranique s’est fait progressif, s’adressant à tous les niveaux de la perception humaine à travers les trois instruments de la connaissance :

1. Le discours rationnel et démonstratif (pour les gens de philosophie et de réflexion)

Le Coran s’est adressé à la catégorie qui s’appuie sur la « raison abstraite » comme instrument cognitif fondamental, et lui a offert des preuves logiques comparables aux plus profondes théories philosophiques :

La preuve de l’empêchement mutuel et de l’impossibilité, dans la parole du Très-Haut :

« S’il y avait dans le ciel et la terre des divinités autres qu’Allah, tous deux seraient certes dans le désordre. » [Sourate 21 : 22]

C’est là un raisonnement purement rationnel, fondé sur l’implication logique : l’existence de deux puissances absolues et indépendantes conduirait nécessairement à la collision, à la corruption et à la ruine de l’ordre — ce qui coïncide avec la preuve philosophique de l’empêchement mutuel.

La preuve de l’examen et de la division, dans la parole du Très-Haut :

« Ont-ils été créés à partir de rien ou sont-ils eux les créateurs ? » [Sourate 52 : 35]

Ici, la raison circonscrit les possibilités et conduit le lecteur, par la réfutation des hypothèses fausses, jusqu’au résultat inévitable : l’existence du Créateur.

Le noble Messager a affermi cette réflexion rationnelle et transcendante dans ses formules synthétiques d’unicité, montrant l’incapacité des intelligences à cerner l’essence de manière structurelle, comme le rapporte Shaykh al-Kulayni (vers 255-329 h. / vers 864-941 ap. J.-C.) dans son livre al-Kafi (chapitre des formules synthétiques de l’unicité), d’après l’un de ses sermons :

« Louange à Dieu qui, dans Sa primauté, est vérité… qui ne se décrit par aucun état, ne se délimite par aucun intellect, ne se compare à aucun modèle ; qui n’a pas créé les choses à partir de principes qui les auraient précédées, mais les a créées par Sa puissance et Sa volonté. »

2. Le discours sensible et empirique (pour les gens de l’observation et de l’induction)

En contrepartie, le Coran a pris en compte le fait qu’une large catégorie d’êtres humains s’appuie sur « les sens et l’expérience » comme premier instrument cognitif pour passer du sensible à l’intelligible ; il les a donc invités à la démarche inductive et à l’observation de l’ordre cosmique visible :

Dans l’argument tiré de l’ordre observable, le Très-Haut dit :

« Ne considèrent-ils donc pas comment les chameaux ont été créés, et le ciel comment il a été élevé ? » [Sourate 88 : 17-18]

Ici, la révélation s’adresse aux instruments de la connaissance sensible (la vue, l’observation directe) afin que l’être humain médite sur l’étonnante ingénierie de la création et sur les liens physiques et matériels qui régissent le monde ; et par la précision de la fabrication perçue par les sens, la raison s’élève spontanément vers la grandeur du Fabricateur.

Dans ce contexte, le noble Messager montre que l’existence extérieure tout entière est soumise à son Fabricateur, et qu’aucun espace matériel ne Le contient comme il contient Ses créatures. Lorsqu’un rabbin vint lui demander : « Ô Messager de Dieu, où est Dieu ? », il lui répondit, selon ce que rapporte Shaykh al-Saduq (306-381 h. / 918-991 ap. J.-C.) dans son livre al-Tawhid :

« Il est en tout lieu, sans être délimité par un lieu ni proche à la manière des corps ; Il est vide de Sa création et Sa création est vide de Lui ; les regards ne L’atteignent pas, et c’est Lui qui atteint les regards. »

3. Le discours de la disposition innée et du for intérieur (l’instrument du témoignage intérieur)

Cet instrument cognitif est le plus profond et le plus englobant, car il est intérieur et originel : il n’a pas besoin de la complexité des termes et de la logique, ni des instruments de l’expérience et du laboratoire ; il jaillit plutôt de l’origine même de la création et de la conscience humaine lorsqu’elle se dépouille des influences extérieures et matérielles.

S’agissant de l’unicité innée en général, le Très-Haut dit :

« Dirige tout ton être vers la religion en pur monothéiste ! Telle est la nature (fitra) selon laquelle Allah a créé les hommes. » [Sourate 30 : 30]

Le Coran attire ainsi l’attention sur le fait que la connaissance de Dieu et l’orientation vers Lui sont enracinées dans la constitution humaine, comme une programmation innée antérieure à toute pensée apprise.

Le noble Messager a fondé ce concept cognitif dans une tradition rapportée par Shaykh al-Kulayni dans al-Kafi (chapitre de la fitra), lorsqu’on l’interrogea sur ce verset et son sens inné :

« Tout nouveau-né naît selon la , c’est-à-dire selon la connaissance que , Puissant et Majestueux, est son Créateur. »

Cela apparaît avec force dans la preuve de l’impasse (la manifestation de la dans les épreuves) : le noble Coran s’est concentré sur un modèle sensible et psychologique précis qui révèle comment les illusions se dissipent et comment la disposition innée se met en mouvement malgré son porteur, lorsque les causes matérielles se rompent totalement — et ce, dans la scène des passagers d’un navire en mer. Le Très-Haut dit :

« C’est Lui qui vous fait aller sur terre et sur mer, quand vous êtes en bateau. Ces bateaux les emportèrent, grâce à un bon vent, et ils s’en réjouirent, jusqu’au moment où, assaillis par un vent impétueux et par les vagues venues de partout, se croyant enveloppés par la mort, ils invoquèrent Allah, Lui vouant sincèrement le culte : “Si Tu nous sauves de ceci, nous serons certes du nombre des reconnaissants.” Puis, lorsqu’Il les eut sauvés, les voilà qui, sur terre, transgressent sans raison. » [Sourate 10 : 22-23]

Analysons la scène sur le plan philosophique et cognitif : dans le cadre de la théorie de la connaissance, cette scène explique la profondeur de la . Dans les conditions d’aisance et d’un environnement ordinaire, l’être humain peut se tourner vers des causes matérielles (l’argent, la force, les idées athées, les idoles et les rivaux) et croire qu’elles possèdent le pouvoir de nuire et de profiter, ce qui recouvre l’appel authentique de la disposition innée.

Mais lorsque survient l’impasse absolue, que viennent « le vent impétueux et les vagues de partout » et que toutes les causes matérielles se brisent — plus d’espoir dans un capitaine, ni dans un navire, ni dans une force propre (« se croyant enveloppés ») —, le voile se lève soudain. En cet instant critique, la conscience de l’être humain et son for intérieur se tournent spontanément — sans besoin d’aucune preuve théologique — vers « la puissance absolue, invisible, indépendante des causes », et ils invoquent Dieu avec sincérité.

C’est ce qu’a mis en pleine lumière l’Imam Ja’far al-Sadiq (83-148 h. / 702-765 ap. J.-C.) , avec clarté et dépouillement, lorsqu’un homme lui demanda :

« Ô fils du Messager de Dieu, montre-moi ce qu’est Dieu, car les disputeurs se sont multipliés contre moi et m’ont plongé dans la confusion. »

L’Imam lui dit :

« Ô serviteur de Dieu, es-tu jamais monté sur un bateau ? »

Il répondit : oui. L’Imam dit :

« Le câble s’est-il jamais rompu sous toi, là où aucun bateau ne pouvait te sauver ni aucune nage te suffire ? »

Il répondit : oui. L’Imam dit :

« Ton cœur s’est-il alors attaché à l’idée qu’une chose parmi les choses pût te délivrer de ta détresse ? »

Il répondit : oui. Al-Sadiq dit :

« Cette chose-là, c’est Dieu, capable de sauver là où il n’est point de sauveur, et de secourir là où il n’est point de secours. »

Quant à leur retour au reniement après le salut (« Puis, lorsqu’Il les eut sauvés, les voilà qui transgressent »), ce n’est pas une preuve de l’erreur de la disposition innée, mais la preuve que « l’insouciance, l’ignorance et les passions » sont revenues recouvrir cette source intérieure limpide dès le retour des causes matérielles et de l’aisance — ce qui reflète le conflit cognitif permanent, dans l’âme humaine, entre l’appel clair de la et le vacarme du monde de la matière et de ses accidents.

Par cette diversité, le Coran a réparti ses versets pour qu’ils épousent la structure de la raison humaine dans toutes ses nuances : le philosophe y trouve son objet dans les preuves de l’examen et de l’empêchement mutuel, le savant de la nature y trouve son bien dans les versets sur les horizons et les âmes, et l’homme simple ou dans la détresse y trouve son but dans l’appel profond de la .


2. Les classifications de l’unicité divine dans les versets fermes et les traditions

Sur la base de ces instruments cognitifs, le Coran et la sunna ont réparti l’unicité divine, dans les versets et les textes transmis, en trois piliers fondamentaux :

1. L’unicité essentielle (l’unité de l’essence, sa simplicité et la négation du nombre)

Le Coran a abordé l’unicité de l’essence et la négation de la composition à son sujet d’une manière synthétique, dans la sourate de la Pureté :

« Dis : Il est Allah, Unique. » [Sourate 112 : 1]

L’emploi du mot « Ahad » (l’Unique) plutôt que « Wahid » (un) est une finesse coranique d’une extrême précision : « Wahid » peut désigner le premier terme de la série numérique, qui admet la division et l’augmentation, tandis qu’« Ahad » désigne la réalité simple et absolue qui n’a ni partie ni ramification, et qui n’admet la pluralité sous aucun aspect.

Le noble Messager a décomposé ce concept avec précision et l’a purifié de la compréhension numérique et matérielle, comme le rapporte Shaykh al-Saduq dans al-Amali et al-Tawhid, dans son propos au bédouin qui l’interrogeait sur le sens de « un ». Le Prophète lui dit :

« Quant à ta parole “un”, elle signifie qu’Il n’a pas de semblable parmi les choses ; ainsi est notre Seigneur. Elle signifie aussi qu’Il est un quant au sens, c’est-à-dire qu’Il ne se divise ni dans l’existence, ni dans l’intellect, ni dans l’imagination ; ainsi est notre Seigneur, Puissant et Majestueux. »

À ce propos, le Commandeur des croyants (23 av. h.-40 h. / 599-661 ap. J.-C.) développe, dans le premier sermon de Nahj al-Balagha, la transcendance de l’essence une à l’égard de la délimitation et du nombre :

« Lui dont l’attribut n’a aucune limite définie… La perfection de l’unicité est la sincérité envers Lui ; ne L’a pas déclaré un celui qui Lui a assigné une modalité, ni atteint Son but celui qui L’a fragmenté ; quiconque Le désigne L’a délimité, et quiconque Le délimite L’a compté. »

De même, sa réponse le jour de la bataille du Chameau :

« Dire que Dieu est un se répartit en quatre catégories : deux d’entre elles ne sont pas admissibles à Son sujet, et deux se vérifient en Lui… Les deux qui ne Lui sont pas admissibles : dire “un” au sens du nombre — cela n’est pas permis, car ce qui n’a pas de second n’entre pas dans la catégorie du nombre ; ne vois-tu pas qu’a mécru celui qui a dit : “Il est le troisième de trois” ? »

2. L’unicité attributive (l’autosuffisance absolue, la négation du manque et l’identité des attributs)

Le Coran a abordé les attributs du Créateur en insistant sur deux points :

Quant à la transcendance absolue, dans la parole du Très-Haut :

« Il n’y a rien qui Lui ressemble. » [Sourate 42 : 11]

C’est une règle coranique qui ruine toute tentative d’assimiler les attributs du Créateur à ceux des créatures.

Quant à l’affirmation de la perfection, à travers l’ensemble des plus beaux noms, dans Sa parole :

« C’est à Allah qu’appartiennent les noms les plus beaux. Invoquez-Le par ces noms. » [Sourate 7 : 180]

Les noms tels que (l’Omniscient, le Tout-Puissant, le Vivant) ne sont pas des attributs surajoutés à l’essence et résidant en elle : ils sont l’expression de la perfection de l’essence et de son identité à elle, car l’essence divine est elle-même la science et elle-même la puissance.

La plus forte preuve transmise de l’identité des attributs à l’essence, et de la négation du surajout et de la distinction conceptuelle, est le propos de l’Imam Ali :

« La perfection de la sincérité envers Lui consiste à écarter de Lui les attributs [surajoutés], car tout attribut témoigne qu’il est autre que le qualifié, et tout qualifié témoigne qu’il est autre que l’attribut. Quiconque qualifie Dieu, Glorifié soit-Il, L’a accouplé ; quiconque L’accouple L’a dédoublé ; quiconque Le dédouble L’a fragmenté ; quiconque Le fragmente L’a méconnu. »

3. L’unicité active (la négation de tout agent indépendant dans l’existence)

Le Coran a montré que les mouvements de l’univers et ses repos ne s’accomplissent que par Son décret et Sa volonté :

« Allah est le Créateur de toute chose, et de toute chose Il est Garant. » [Sourate 39 : 62]

Nul ne peut repousser Son décret, et il n’y a d’agent dans l’existence hormis Lui ; toutes les causes matérielles de l’univers tirent leur causalité de Sa causalité première.

Dans le livre al-Tawhid de Shaykh al-Saduq, le noble Messager rattache cette unicité active et cette assistance existentielle à la volonté et à la subsistance divines qui régissent le serviteur, dans une tradition sacrée :

« Dieu, béni et exalté, a dit : Ô fils d’Adam, c’est par Ma volonté que tu es, toi, celui qui veut pour lui-même ce qu’il veut ; c’est par Ma force que tu as accompli envers Moi Mes obligations ; c’est par Mon octroi et Ma puissance que tu as eu la force de Me désobéir. Je t’ai fait entendant, voyant, fort. Tout bien qui t’atteint vient de Dieu, et tout mal qui t’atteint vient de toi-même. »


3. La méthode d’Ahl al-Bayt (AS) dans la protection de la croyance en l’unicité

L’exposé de est venu représenter la ligne de défense rationnelle rigoureuse pour protéger la croyance islamique de la déviation ; leur présentation s’est distinguée par deux traits essentiels :

1. Se tenir dans la « zone médiane » (entre l’assimilation et la privation)

Les écoles théologiques se sont divisées, dans la compréhension des attributs de Dieu, en deux extrêmes qui ont engendré un déséquilibre cognitif :

Un extrême est tombé dans l’« assimilation » : il a compris les textes relatifs aux attributs d’une manière matérielle et a donné au Créateur une forme et une direction (déséquilibre qui contredit la négation de la corporéité). Un autre extrême est tombé dans la « privation » : il a jugé que la transcendance exigeait de vider les attributs de leur sens, de sorte que Dieu est devenu chez lui une simple idée mentale absente, sans réalité véritable de ses attributs (déséquilibre qui contredit l’unicité attributive).

Quant à la position de l’école d’Ahl al-Bayt, les Imams ont formulé une méthode qui affirme les attributs réellement tout en écartant d’eux la ressemblance avec la matière. L’Imam Ja’far al-Sadiq dit, en définissant ce point cognitif :

« Une essence dotée de la réalité de la choséité, sortant des deux extrêmes : l’extrême de l’annulation et de la privation, et l’extrême de l’assimilation. »

Les attributs sont donc établis, mais ils sont identiques à l’essence, sans modalité matérielle.

Cela est renforcé par ce qui est rapporté de l’Imam Muhammad al-Baqir (57-114 h. / 676-733 ap. J.-C.) , dans sa parole tranchante destinée à dissiper les illusions de la philosophie matérialiste et de l’anthropomorphisme :

« Tout ce que vous distinguez par vos imaginations, dans ses acceptions les plus subtiles, est une créature façonnée comme vous, et qui vous revient. »

Et la parole de l’Imam Ali ibn Musa al-Rida (148-203 h. / 765-818 ap. J.-C.) , qui joint fermement la transcendance et l’affirmation de l’attribut :

« Dieu est vide de Sa création et Sa création est vide de Lui… Quiconque assimile Dieu à Sa création est un associateur, et quiconque Lui nie ce dont Il S’est Lui-même qualifié est un négateur des attributs. »

2. La résolution du problème des actes (« la voie entre les deux »)

Lorsque certains hésitèrent entre la « contrainte » (le serviteur serait forcé dans son acte, sans volonté propre, comme la plume dans le vent) et la « délégation » (le serviteur serait totalement indépendant de Dieu dans son acte, Dieu lui ayant délégué la création et la gestion avant de S’en retirer), Ahl al-Bayt offrirent la solution rationnelle décisive :

« Ni contrainte ni délégation absolue, mais une voie entre les deux. »

L’acte humain a donc deux rapports : un rapport au serviteur, parce qu’il a accompli l’acte par sa volonté libre et son choix ; et un rapport à Dieu, parce que c’est Lui qui répand sur le serviteur, à chaque instant, la puissance, la vie, les instruments et la volonté. Si l’assistance divine et l’effusion existentielle s’interrompaient un seul instant, l’acte du serviteur serait aboli et son effet anéanti.


4. Éclairage sur l’unicité de l’acte et l’objection relative au tawassul

Dans le cadre du propos sur l’unicité active (Dieu étant l’unique agent), une interrogation passagère est parfois soulevée au sujet du par le Prophète ou par les gens de sa Maison ; certains s’imaginent qu’il y a là une atteinte à l’unicité ou une ressemblance avec l’adoration des idoles. Pour simplifier ce point et dissiper l’illusion, la raison et le Coran posent une distinction décisive entre deux architectures de l’influence :

1. La causalité horizontale (l’association vaine)

C’est la croyance qu’il existe une autre instance qui influe sur l’univers à côté de Dieu et comme Son rival, de manière indépendante de Sa volonté. C’est là l’associationnisme que l’islam a combattu ; c’est le schéma dans lequel sont tombés les mécréants de La Mecque lorsqu’ils crurent que les idoles possédaient un pouvoir propre et indépendant, capable de nuire et de profiter et de les rapprocher de Dieu, sans permission ni institution légale de Sa part.

2. La causalité verticale (l’unicité pure)

C’est la foi selon laquelle le seul causateur et agent indépendant par essence est Dieu, et selon laquelle toute influence d’un autre être ne se produit que dans le prolongement de la volonté divine, c’est-à-dire par une assistance venant de Lui, avec Sa permission, sous Son autorité et par Son institution.

Ce fondement cognitif précis de la causalité verticale, et de l’influence des causes conditionnées par la volonté, est venu explicitement dans le conseil du noble Messager à Ibn Abbas (3 av. h.-68 h. / 619-687 ap. J.-C.) :

« Sache que si la communauté tout entière se réunissait pour t’être utile en quelque chose, elle ne te serait utile qu’en une chose que Dieu a déjà écrite pour toi ; et si elle se réunissait pour te nuire en quelque chose, elle ne te nuirait qu’en une chose que Dieu a déjà écrite contre toi. Les calames sont levés et les feuillets sont secs. »

L’être et l’effet, ici, ne concurrencent pas le Créateur suprême : ils ne sont qu’un « moyen » institué, par lequel Dieu a ordonné aux serviteurs de s’orienter et qu’Il leur a commandé de suivre, comme dans le verset ferme :

« Ô les croyants ! Craignez Allah, cherchez le moyen de vous rapprocher de Lui. » [Sourate 5 : 35]

Exemples coraniques de la vision verticale pour lever la contradiction :

  • Dans la mort donnée : le Coran dit une fois :

« Allah reçoit les âmes au moment de leur mort. » [Sourate 39 : 42]

Et une autre fois, dans un autre verset :

« Dis : L’Ange de la mort, qui est chargé de vous, recueillera votre âme. » [Sourate 32 : 11]

L’Ange de la mort agit par la permission de Dieu, dans le prolongement de Son ordre et de Sa puissance : il n’y a ni contradiction ni associationnisme.

  • Dans l’acte et le jet : le Très-Haut dit à Son Prophète :

« Ce n’est pas toi qui lançais quand tu lançais, mais c’est Allah qui lançait. » [Sourate 8 : 17]

Celui qui lance directement, celui qui exerce le geste, c’est le Messager de sa noble main ; mais le Coran nie son indépendance horizontale : le jet et son effet se sont accomplis dans le prolongement de la force de Dieu, de Son octroi et de Son assistance existentielle.

Cette vision verticale apparaît clairement dans l’enchaînement de l’influence :

Dieu, Glorifié soit-Il — le Causateur premier et l’Émanateur indépendant par essence ↓ (par permission, assistance et institution existentielle) Le Messager / les moyens et causes autorisés ↓ (exercice direct de l’acte et de l’effet, en mode vertical) Le résultat et l’effet réalisés dans l’univers

Sur la base de cette finesse rationnelle et transmise, il apparaît que celui qui recourt au Prophète et aux saints ne les érige pas en rivaux de Dieu (à l’horizontale) : il vient à eux comme à des causes et des moyens que Dieu a honorés et qu’Il a autorisés à l’intercession et à la médiation par effusion (à la verticale). Or s’orienter vers le moyen avec la permission de Dieu et sur Son ordre est l’essence même de l’obéissance, de la servitude et de la soumission, et non de l’associationnisme, comme le croit celui qui ignore la distinction logique et transmise entre l’indépendance totale et la dépendance existentielle conditionnée.


Conclusion

Le chercheur s’arrête ici, méditant cette harmonie admirable où les preuves abstraites de la raison rejoignent les textes de la révélation divine, les formules synthétiques des sermons de la sunna prophétique du Messager de Dieu, et l’exposé lumineux d’Ahl al-Bayt, pour que les instruments de la connaissance — sensible, rationnelle et innée — se fondent en une seule niche de lumière. , Glorifié soit-Il, est un dans Son essence, Ses attributs et Ses actes, et tout ce qui n’est pas Lui se meut par Son effusion, Sa permission et Sa subsistance absolue.

Après être parvenus à sonder les profondeurs des attributs du Créateur, du double point de vue rationnel et de la révélation transmise, un nouvel horizon de recherche et de méditation s’ouvre à nous, pour compléter le tableau : comment ce Dieu suprême s’est-il fait connaître à l’humanité à travers les détails des autres textes coraniques ? Et comment ces connaissances se sont-elles manifestées dans les invocations et les sermons issus de l’école d’Ahl al-Bayt , pour tracer à l’être humain un parcours cognitif et pratique intégré ?

Ni contrainte ni délégation absolue, mais une voie entre les deux.
— L'Imam Ja'far al-Sadiq (83-148 h. / 702-765 ap. J.-C.) (AS)